Insurrection 1944 : la visite en réalité mixte du PC de Rol

Le musée de la Libération de Paris est le premier lieu d’histoire à proposer l’opportunité exceptionnelle de vivre une expérience de réalité mixte avec pour cadre physique les lieux conservés dans un état fidèle à 1944. Il est aussi le premier musée équipé de casques de réalité mixte dans ses collections permanentes.

Qu’est-ce que la réalité mixte ?

La réalité mixte permet de montrer des scènes virtuelles dans un monde réel à l’aide de lunettes. À la différence de la réalité augmentée, le visiteur est libre de ses mouvements. Il n’a pas besoin de l’intermédiaire d’un écran pour accéder aux contenus. Là où la réalité virtuelle aurait ôté au visiteur le plaisir de découvrir le lieu, la réalité mixte permet d’augmenter du contenu sans détourner le regard du visiteur des espaces qu’il visite.

Fondée sur une base scientifique solide, avec images d’archives à l’appui, l’expérience propose une intrigue de qualité grâce à une narration très présente, construite et rythmé. L’interactivité avec le visiteur n’a jamais été égalée puisque la qualité technologique de la réalité mixte permet d’activer des interactions avec les personnages virtuels en fonction du mouvement de la rétine du visiteur.

Pour retranscrire la réalité de la vie dans le PC de Rol, les recherches scientifiques se sont portées d'une archive vidéo tournée dans l’abri au lendemain de la Libération de Paris dans laquelle figure le colonel Rol et son équipe. Un travail scientifique d’identification des emplacements réels des scènes de la vidéo a été mené. Les visiteurs sont immergés dans les scènes inspirées de cette archive, et les visualisent aux emplacements exacts où elles ont été tournées en 1944.

À l’été 1944, la tension monte à Paris. Depuis deux mois, les Alliés se heurtent à une défense acharnée des troupes allemandes en Normandie. Les Parisiens sont dans l’attente. Pour le général de Gaulle, la libération de Paris est le point d’orgue politique de la libération du territoire. Les événements se précipitent à la mi-août. Le colonel Rol, chef des Forces Françaises de l’Intérieur d’Ile-de-France, décide la mobilisation le 18 août. Le Centre National de la Résistance appelle à l’insurrection.

Les groupes de Forces Françaises de l’Intérieur harcèlent les Allemands dans les rues de Paris, la Préfecture de police puis l’Hôtel de Ville sont investis, des barricades se dressent. Les chefs de la Résistance redoutent un bain de sang et s’opposent sur la conduite à tenir. L’arrivée des Alliés est attendue avec une impatience grandissante.

Conscient du danger, le général Leclerc, en provenance de la Normandie, anticipe l’ordre de marcher sur Paris. L’intervention de de Gaulle auprès d’Eisenhower permet de lancer la 2e Division Blindée et la 4e division d’infanterie américaine sur la capitale. Le 24 août au soir, les premiers éléments de la 2e DB arrivent à l’Hôtel de Ville. Le 25 août au matin, la 2e DB entre à Paris par le sud et le sud-ouest, tandis que la 4e division d’infanterie américaine entre par le sud-est.

Le lendemain, au terme d’âpres engagements, les troupes françaises et américaines prennent le contrôle de la ville. Le général von Choltitz signe la reddition des troupes allemandes. Paris est libéré ! La libération de Paris résonne dans le monde entier. Il faudra attendre 1945 pour la libération totale du territoire mais la souveraineté nationale française est rétablie et le gouvernement provisoire de la République Française dirigé par De Gaulle s’installe à Paris.

L’abri devient en août 1944, un centre névralgique de la Libération de Paris. Du 20 au 28 août 1944 Henri Tanguy alias le colonel Rol, chef des Force Française de l’Intérieur de la région parisienne, y installe son état-major. De ce poste de commandement sont donnés des ordres d’opération de l’Insurrection parisienne. Au poste de commandement parviennent des messages écrits, des appels téléphoniques et des agents de liaison qui informent de la situation dans Paris, demandent des renforts et repartent avec des missions et des renseignements. La centrale téléphonique de l’abri est reliée directement à des postes de la défense passive, du service de l'eau, de la Préfecture de police et du métro. 250 postes de téléphone de Paris et de la proche banlieue sont donc en liaison directe avec le P.C., ce qui permet de doubler le réseau téléphonique des P.T.T. (télécommunications officielles) susceptible d'être sur écoute.

L'abri de défense passive figure sur les cartes de l'Inspection générale des carrières et les Allemands en connaissent l'existence. Ils téléphonent chaque jour, vers 10 heures, pour s'enquérir de la tranquillité des lieux et s'entendent répondre ... qu'il n'y a rien à signaler. Les services allemands sont loin de se douter de l'activité qui se déroule dans les sous-sols du pavillon Ledoux.