Philippe Leclerc de Hautecloque (1902-1947)

Philippe Leclerc de Hautecloque

Né dans la demeure familiale de Belloy-Saint Léonard, près d’Amiens, Philippe de Hauteclocque grandit dans un milieu aristocratique chrétien et traditionaliste. Il choisit le métier des armes et, à force de travail, réussit les concours de l’école militaire de Saint-Cyr et sort major de l’école de cavalerie de Saumur. Après une première affectation en Allemagne, où sa jeune épouse Marie-Thérèse de Gargan le suit, Hauteclocque est affecté à sa demande au Maroc pour pacifier des tribus rebelles entre 1926 et 1933. Il y connait son baptême du feu et s’immerge en profondeur dans ce pays dont il apprécie la culture. Revenu en France, il est instructeur et admis premier à l’Ecole de Guerre. La guerre est déclarée alors qu’il vient de finir sa première année.

 

Sur le front, le jeune capitaine est affecté à l’état-major de la 4e division d’infanterie. Il ne peut accepter le repli des troupes et, avec l’accord de son chef, quitte son unité pour combattre dans l’est. Il refuse par deux fois la captivité. Blessé, refusant la défaite, il gagne Paris où il entend le 25 juin parler des appels du général de Gaulle. Son choix est fait : là est le devoir rejoindre le chef de la France libre à Londres. Il passe en Espagne et parvient à se présenter au général de Gaulle le 25 juillet 1940. Le 6 août, sous le nom de « Leclerc », il embarque aux côtés de Claude Hettier de Boislambert et de René Pleven pour une mission de taille : rallier les pays d’Afrique équatoriale à la France libre.

 

Après le ralliement du Cameroun et du Gabon, Leclerc rejoint le Tchad. La colonne Leclerc, dotée de moyens dérisoires, mène des raids en liaison avec les Britanniques. Le 1er mars 1941, elle remporte sa première victoire au nom de la France libre contre la Sahariana italienne postée à Koufra (Lybie). Le « serment de Koufra » semble alors bien ambitieux : ne pas déposer les armes avant la libération de Strasbourg. Le 6 mars 1941, Leclerc est fait compagnon de la Libération. Malgré les conditions climatiques, la colonne Leclerc lance des raids contre les oasis italiennes du Fezzan en deux campagnes, hiver 1941-1942 et 1942-1943. Elle fait la jonction à Tripoli fin janvier 1943 avec la 8e armée britannique. Devenue la Force L, elle participe à la campagne de Tunisie. La Force L devient la 2e Division française libre. En août 1943, la 2e Division blindée, commandée par Leclerc, est formée en se séparant des troupes coloniales et en intégrant des unités de l’armée d’Afrique. Au printemps 1944, elle embarque à destination du Royaume-Uni. La 2e DB débarque le 1er août 1944 à Saint-Martin de Varreville et connaît l’épreuve du feu en Normandie puis à l’approche de la capitale. Le 24 août au soir, Leclerc envoie le capitaine Dronne à la tête d’un détachement prévenir la Résistance de l’arrivée de la 2e DB le lendemain. Le général Leclerc est aux côtés du général de Gaulle le 26 août 1944, descendant les Champs Élysées, sous les acclamations d’une foule immense.

 

Mais la guerre n’est pas terminée et la 2e DB part vers l’est. Les combats sont âpres. Strasbourg est libérée le 23 novembre 1944. Le serment de Koufra est tenu, la 2e DB poursuit jusqu’à Berchtesgaden, où se trouvait la résidence d’Hitler, en mai 1945.

 

Le général Leclerc représente la France lors de la reddition du Japon le 2 septembre 1945. Nommé chef du corps expéditionnaire en Extrême-Orient, il rétablit la souveraineté en Indochine tout en prônant l’autonomie. Nommé en Afrique du nord en tant qu’inspecteur général des forces terrestres, il meurt lors de l’accident de son avion près de Colomb Béchar (Algérie) le 28 novembre 1947. Le 23 août 1952, il reçoit le titre de Maréchal de France à titre posthume.