FEMMES PHOTOGRAPHES DE GUERRE

Photo Françoise Demulder, Le massacre du quartier de La Quarantaine. Beyrouth, Liban, 1976

Lee Miller, Gerda Taro, Catherine Leroy, Christine Spengler,
Françoise Demulder, Susan Meiselas, Carolyn Cole, Anja Niedringhaus

Découvrez les œuvres de huit femmes photographes reconnues qui ont couvert 75 ans de conflits internationaux, des années trente aux guerres les plus récentes : Lee Miller (1907-1977), Gerda Taro (1910-1937), Catherine Leroy (1944-2006), Christine Spengler (née en 1945), Françoise Demulder (1947-2008), Susan Meiselas (née en 1948), Carolyn Cole (née en 1961) et Anja Niedringhaus (1965-2014). À l’aide d’une centaine de documents, plus de 80 photographies, ainsi qu’une douzaine de journaux et de magazines originaux, l’exposition "Femmes photographes de guerre" met en évidence l’implication des femmes dans tous les conflits, qu’elles soient combattantes, victimes ou témoins.

Affiche de l'exposition "Femmes photographes de guerre"

Une exposition en partenariat avec le musée de la Libération de Paris - Musée du général Leclerc - musée Jean Moulin (paris musées) et le Kunstpalast de Düsseldorf.

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Si la photographie de guerre est une profession dominée par les hommes, de nombreuses femmes photographes ont cependant travaillé dans les zones de guerre. Elles ont documenté les crises mondiales et ont joué un rôle décisif dans la formation de l’image de la guerre. Dans les territoires de conflit, contrairement aux hommes, ces femmes ont souvent eu accès aux familles, dont elles ont réalisé des portraits particulièrement émouvants. Elles ont également été actives sur le front et pris des photos de victimes de guerre qui n’épargnent pas l’observateur. En mettant en lumière les clichés et parcours de ces huit femmes, l’exposition confronte le visiteur à un regard partagé sur la violence de la guerre. Elle questionne la notion de genre, interroge la spécificité du regard féminin sur la guerre, bouscule certains stéréotypes, montre que les femmes sont tout autant passeuses d’images que témoins de l’atroce.

Mais comment témoigner de la sauvagerie de la guerre ? Parmi les photographies exposées, le visiteur découvrira autant de photographies que de manières de répondre à cette question : des aperçus intimes de la vie quotidienne pendant la guerre, des témoignages d’atrocités, des références à l’absurdité de la guerre et à ses conséquences. Ces photographes souhaitent dévoiler publiquement ce qui se passe réellement sur le champ de bataille et à l’arrière du front. Mais parfois leurs images, qui pourtant construisent notre vision de ces conflits, sont confrontées à des recadrages ou mise en scène permettant de les adapter aux besoins de la presse ou à une diffusion médiatique subjective. Au fil de l’exposition le visiteur comprend comment ces images prises sur le vif sont traitées par la presse.

Alors que les clichés exposés saisissent la spécificité de chacun des conflits couverts, proches ou lointains, une certaine vue d’ensemble se dégage. Ils repositionnent la Seconde Guerre mondiale dans le contexte plus large des guerres du XXe et du XXIe siècle et enrichissent le récit que porte le musée sur les conflits contemporains. Ainsi l’exposition livre de nouvelles clés à ses visiteurs pour comprendre “le bruit et la fureur” du monde.

Lee Miller, américaine née en 1907, commence sa carrière en tant que modèle. Elle commence son apprentissage de photographe avec Man Ray à Paris à la ‚fin des années 1930, puis ouvre son propre studio avant de se perfectionner à New York. Embauchée par Vogue, elle devient correspondante de guerre accréditée auprès de l’armée américaine en 1942 et couvre la libération en Europe et la découverte des camps de concentration.

Gerda Taro est une photographe née en Allemagne en 1910, émigrée à Paris en 1933. Elle travaille avec Robert Capa et devient photographe. Elle part couvrir la guerre civile espagnole en 1936 avec Capa et Seymour pour la presse communiste française. Blessée à mort à Brunete en juillet 1937, elle est probablement la première femme photographe de guerre tuée sur le front.

Née à Paris, Catherine Leroy est accréditée photographe de presse en 1966 et couvre la guerre du Vietnam jusqu’en 1969 ; elle est brièvement prisonnière du Vietcong en 1968. Elle photographie aussi le conit du Liban. Catherine Leroy est la première femme à recevoir la médaille d’or Robert Capa en 1976.

Après des études de langues, Christine Spengler part au Tchad où elle devient photographe de guerre. Elle couvre de multiples conits, en Europe (celui d’Irlande du nord en 1972), en Asie au Vietnam et au Cambodge, en Afrique (au Sahara occidental), au Proche-Orient, en Afghanistan, en Irak. Elle a travaillé pour Corbis Sygma, Sipa press et l’Associated-Press.

Françoise Demulder étudie la philosophie avant de se rendre au Vietnam photographier la guerre. Elle travaille pour l’agence Gamma. Elle se rend ensuite au Cambodge, en Angola, au Liban, en Irak. En 1977, elle est la première femme photographe à recevoir le World press Award.

Susan Meiselas est américaine, diplômée en arts visuels. Elle a produit plusieurs séries sur les femmes aux États-Unis avant de rejoindre l’agence Magnum. Elle a couvert des zones de conit en Amérique du sud (Nicaragua, El Salvador) et a été récompensée par la médaille d’or Robert Capa en 1979.

Carolyn Cole a fait des études de photojournalisme aux États-Unis. Après avoir été photographe pour plusieurs journaux, elle rejoint l’équipe du Los Angeles Times en 1994. Elle est reporter de guerre au Kosovo, puis photographie les guerres en Afghanistan, en Irak. Elle a reçu le prix Pulitzer pour son reportage au Libéria.

Anja Niedringhaus est allemande et a étudié la philosophie et le journalisme. En 1990, elle est la première femme à être engagée par l’European Pressphoto Agency. En 2002, elle travaille pour l’Associated-Press. Elle se rend en Yougoslavie, en Irak, au Proche-Orient et en Libye. Elle est tuée lors de combats en Afghanistan en 2014.

COMMISSARIAT GÉNÉRAL

Sylvie Zaidman, historienne, conservatrice générale, directrice du musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin

COMMISSARIAT SCIENTIFIQUE

Felicity Korn, conseillère auprès du Directeur Général du Kunstpalast à Düsseldorf en Allemagne

Anne-Marie Beckmann, directrice de la Deutsche Börse Photography Foundation à Francfort en Allemagne

En partenariat avec 

Logos partenaires

 

 

 

 

 

Avec le soutien de

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CONTACTS PRESSE

LAURENCE VAUGEOIS

SANDRA MADUENO

Visite guidée de l’exposition
par une conférencière du musée

  • Pour les groupes
    Vendredis et mardis à 14h

    Remplir le formulaire de réservation et le retourner à museeML.publics@paris.fr

  • Pour les visiteurs individuels (adolescents et adultes)


    Chaque mardi et vendredi à 12h (sauf exception) et un samedi et dimanche par mois à 12h (1h).
    Tarifs : 8€ et 6€ + billet d’entrée à l’exposition
    Réservation en ligne (1€ de frais de réservation) ou à la caisse du musée le jour de la visite sans frais de réservation

Autour de l'exposition

Cycle de projection documentaire

Une sélection de films documentaires retraçant la vie et l’œuvre de quatre femmes photographes de guerre reconnues : Lee Miller, Catherine Leroy, Gerda Taro et Suzanne Meiselas.
 

Projections gratuites et sans réservation, dans la limite des places disponibles (60 places)
Nous vous invitons à vous manifester à votre arrivée auprès d’un agent de surveillance.

  • Dimanche 27 mars à 15h
    Capturing Lee Miller
    Documentaire de Teresa Griffiths (2020, Metfilmproduction)
    Durée 1h - 
    Version anglaise non sous-titrée

Ce documentaire apporte un éclairage sensible sur les multiples carrières de Lee Miller, modèle, artiste et photographe. Vous découvrirez des images originales de Lee Miller enrichies par les témoignages de son collègue photographe David E. Scherman et de sa famille.

  • Dimanche 10 avril à 15h
    Meseilas Pictures from a revolution
    Documentaire de Susan Meiselas, Richard P. Rogers and Alfred Guzzetti (1991)
    Durée 93mn - Version anglaise non sous-titrée

Douze ans après avoir couvert l’insurrection au Nicaragua pour l’agence Magnum, la photographe Susan Meiselas retourne sur les lieux de la lutte sanglante. Le documentaire la montre à la recherche des personnes qu’elle avait photographiées en 1978, interrogeant acteurs et témoins sur leur destin et leurs souvenirs. Un film très personnel, qui évoque de manière percutante les liens singuliers que Susan Meiselas crée avec les personnes sur le terrain.

  • Dimanche 22 mai à 15h
    L’amour à l’œuvre – Gerda Taro et Robert Capa
    Documentaire de Stéphanie Colaux et Delphine Deloget (2018, France)
    Durée 26mn - Version anglaise sous titrées

Leurs clichés comptent parmi les plus marquants de la guerre civile espagnole. Le documentaire revient sur la trajectoire de ces deux photographes, originaires d’Europe centrale, qui s’engagent aux côtés des républicains espagnols. Et s’il n’est pas toujours évident de distinguer  L’un des mérites du film est de restituer à Gerda Taro la place qui lui revient.

 

  • Mardi 8 novembre, 18h-20h
    Cathy s'en va-t-en guerre
    Un film de Jacques Mesnache (DCL, 2016)
    Durée 73mn

Avec la participation de la Dotation Catherine Leroy et du réalisateur.

Nourri des bancs titres de plus de 400 de ses photographies, le film s’appuie sur les lettres écrites par Catherine Leroy à ses parents depuis le Vietnam, en guerre où elle est arrivée à l’âge de 21 ans, ainsi que sur des entretiens enregistrés ou filmés de confrères, amis et soldats qui l’ont côtoyée à cette époque.
La projection sera suivie d’une discussion avec Jacques Mesnache, réalisateur, Fred Ritchin, président de la Dotation Catherine Leroy et Dominique Deschavanne, membre de la Dotation Catherine Leroy.

 

TABLES RONDES

La participation aux tables rondes est gratuite, sur réservation auprès de museeML.publics@paris.fr
La présence des reporters ne peut être garantie, elle est soumise à leurs obligations de missions, parfois imprévisibles. Mais nous ferons en sorte que les tables rondes puissent se tenir.

Sur les terrains d'opération des photographes et correspondants de guerre 
Vendredi 30 septembre à 18h

Avec Laurence Geai, photojournaliste, Adrien Jaulmes, grand reporter au Figaro et auteur de Raconter la guerre (Ed. des Equateurs 2021) et Christine Spengler, photographe et artiste.

Modération : Catherine Monnet, rédactrice en chef à RSF

Une rencontre organisée en partenariat avec Reporter Sans Frontières

 

Le trajet d'une photo : de la commande à la publication
Vendredi 21 octobre 18h

Une rencontre avec Véronique de Viguerie, photoreporter et Manon Quérouil-Bruneel, grand reporter, autrices de Profession reporters. Deux baroudeuses en terrain (Ed. de la Martinière 2015), Béatrice Tupin, créatrice et directrice du festival « Les femmes s’exposent » et ancienne cheffe du service photo à L’Obs.

Modération : Caroline Laurent-Simon, grand reporter.

 

Photoreporters américaines
Mercredi 23 novembre, 18h

Aux États-Unis se développe une tradition spécifique du photojournalisme de guerre. Lors d’une conférence dialoguée, Clara Bouveresse et Jean Kempf nous donnent un éclairage historique et actuel sur une profession où les femmes se sont fait un nom, à commencer par Susan Meiselas et Carolyn Cole.


Jean Kempf signera son livre Les conquérants de l’inutile (Les presses du réel, 2022) et Clara Bouveresse, Femmes photographes (Photo poche, 2020).
Avec Clara Bouveresse, historienne de la photographie et autrice des trois volumes de la collection Photo Poche sur les femmes photographes ; Jean Kempf, professeur à l’Université Lumière Lyon 2 et spécialiste de la photographie américaine.
 

Femmes photographes de guerre des années 30 aux années 50 : Gerda Taro, Lee Miller
Jeudi 1er décembre 18h

Avec Anne Mathieu, Maîtresse de Conférences habilitée à diriger des recherches, en délégation CNRS au Centre d'Histoire Sociale des mondes contemporains et auteure de Nous n’oublierons pas les poings levés – Reporters, éditorialistes et commentateurs antifascistes pendant la guerre d’Espagne (éditions Syllepse, 2021), Marianne Amar, responsable de la recherche au Musée national de l’histoire de l’immigration et fellow de l’Institut Convergences Migrations.

 

HORS LES MURS

Anne-Marie Beckmann, directrice de la Deutsche Börse Photography Foundation, Francfort, et co-commissaire de l’exposition proposera cet automne au Goethe Institute une conférence dédiée à la photographe de guerre allemande Anja Niedringhaus, disparue en Afghanistan en 2014, en partenariat avec le musée.